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oct 14, 2015

L’inégalité cachée des tués sur la route

Selon une étude américaine menée entre 1995 et 2010, les plus diplômés auraient plus de chance de survivre à un accident de voiture que les moins diplômés.

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Les plus avantagés auraient plus de chance de survivre à un accident de voiture que les plus défavorisés. C’est le constat d’une enquête réalisée par Sam Harper, Thomas J. Charters et Erin C. Strumpf publiée dans le Journal américain d’épidémiologie. Cette étude se concentre sur les personnes âgées de plus de 25 ans, entre 1995 et 2010. Si le nombre global de morts sur les routes diminue, l’étude des taux de décès par groupes socio-économiques révèle des inégalités persistantes depuis 20 ans.

Méthodologie

Partant de l’idée que les moins diplômés sont susceptibles d’être moins riches et que les plus diplômés bénéficieraient de ressources plus importantes, les auteurs avancent différents facteurs qui provoqueraient cette inégalité. Le nombre d’accidents de la route et de décès ont baissé aux États-Unis. Cependant, l’étude suggère que la plus importante baisse du taux de décès vient des milieux les plus éduqués. En revanche, le taux augmente chez les personnes non diplomées sur la même période.

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Les chiffres utilisés sont issus du Centre national de la santé. Les experts ont ensuite calculé les miles parcourus par véhicule et par personne. Enfin, un taux de décès par 100.000.000 miles parcourues par véhicule – bus ou voiture- est proposé par niveau d’étude. Le risque plus grand parmi les personnes avec un niveau d’éducation moins élevé peut se traduire par différents facteurs tels que les habitudes, le contexte et la véhicule utilisé. Ainsi, ces personnes peuvent posséder des modèles de voiture plus anciens, moins robustes et moins équipés.

L’environnement

Le temps de trajet peut être plus important pour ces personnes qui vivraient notamment dans des zones rurales. Leur mode de transport serait également différent: bus, vélo et marche à pieds. La baisse du nombre de centres hospitaliers post-traumatiques dans ces zones est là encore considérée comme un facteur possible.
Bien que le nombre de morts liées à l’alcoolémie baisse dans l’ensemble du pays, les taux d’alcoolémie enregistrés lors d’accidents de cette catégorie de population seraient plus importants. L’étude tend également à démontrer qu’elle porterait moins la ceinture de sécurité.

Article publié le 5 octobre 2015 par Edouard Nguyen (rtl.fr)