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mar 9, 2016

Collectivités territoriales : des mutualisations… et des besoins

Comment mesurer les futurs besoins des collectivités à l’aune de la réforme territoriale en cours ? « Elle va se traduire par des mutualisations et il est difficile aujourd’hui de se projeter de façon précise sur les besoins en personnel », reconnaît Jean-François Lemmet, ancien directeur général adjoint au conseil départemental des Hauts-de-Seine, aujourd’hui consultant en ressources humaines auprès de collectivités territoriales.

Mais ce spécialiste reste confiant. « De toute façon le départ des baby-boomers à la retraite génère des besoins en personnel, même s’ils ne concernent pas forcément les mêmes postes. La fonction publique territoriale est une fonction publique de terrain avec des services à la population (crêches, PMI, voirie, espaces verts, agents de service des écoles primaires, des collèges et lycées…) et des recrutements correspondent à une nécessité. » Avec 56 000 employeurs, les recrutements resteront donc importants malgré des recherches d’économies budgétaires…

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Cet article est issu du Parisien Économie du 22 février 2016. Retrouvez l’intégralité du Parisien Économie en version PDF.

Article publié le 25 février 2016 sur le site Le Parisien

mar 3, 2016

Les ENR s’invitent sur nos routes !

La France poursuit sa quête d’applications à base d’énergie renouvelable. C’est cette fois les 950 000 km de réseau routier qui sont concernés. La question est simple : comment profiter de cette immense surface exposée au soleil et réchauffée par des milliers de véhicules chaque jour pour produire de l’énergie ?

Innovation du côté des routes solaires

On connaissait la route solaire photovoltaïque Wattway proposée par la société Colas il y a quelques mois. Voici désormais la route solaire hybride, mêlant production d’électricité et de chaleur à base de panneaux solaires photovoltaïques et thermiques. Cette technologie constitue un axe de recherche prioritaire pour l’ (Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux) qui souhaite récupérer les calories solaires non exploitées par les panneaux photovoltaïques plutôt que de les laisser s’échapper dans la nature.

La chaussée serait constituée de 3 couches, la première étant le revêtement adhérent, placé sur des panneaux photovoltaïques, le tout sur un circuit de fluide récupérant les calories solaires non absorbées dans les panneaux photovoltaïques. La difficulté de cette technologie est de préserver l’adhérence au sol des véhicules ainsi que la résistance mécanique de la route une fois équipée de panneaux solaires. Une fois ces obstacles surmontés, il est facile d’imaginer de nombreuses applications :alimentation électrique de la signalisation lumineuse, maintien hors-gel de la surface des routes et pourquoi pas l’alimentation des futures voitures électriques avec une technologie sans contact ?


Les panneaux aérovoltaïques permettent à l’échelle individuelle de coupler production d’électricité et de chaleur grâce à des panneaux solaires. Calculez les économies. qu’ils pourraient générer dans votre logement


La future route géothermique vue par Vinci

Le centre de recherche Eurovia de Vinci n’est pas en reste dans le domaine des innovations sur le réseau routier. Il a récemment mis au point le démonstrateur Novatherm, un concept alliant géothermie et solaire sur la chaussée. L’association des deux énergies renouvelables permet à la fois de déneiger la route en hiver grâce aux calories puisées dans le sol via des capteurs géothermiques et à produire de la chaleur en été lorsque la chaussée est frappée par le soleil. Une chaussée trop chaude se détériore, l’avantage est donc double puisque la chaussée est refroidie et sa chaleur est utilisée ailleurs au lieu d’être gâchée.

Des tests ont été réalisés sur 3 voies : une voie test chauffée à l’électrique, une voie équipée de capteurs géothermiques horizontaux et la dernière équipée de capteurs verticaux. La voie électrique est de loin la plus énergivore. Quant à la géothermie, la version horizontale semble être la plus adéquate puisqu’elle ne nécessite pas de forage profond et peut donc être adaptée sur de multiples sous-sols.

Des pistes à creuser

Le coût de telles installations est bien sûr conséquent, d’autant plus que les essais réalisés sont des prototypes, efficaces à petite échelle seulement. Il n’en reste pas moins que les renouvelables sont de plus en plus intégrées aux recherches, notamment à celles de grosses sociétés comme Vinci, potentiellement porteurs de financement à la hauteur de l’enjeu environnemental.

Article publié sur le site Quelle Energie

mar 2, 2016

Inscrivez-vous à notre prochaine Web Démo – Viabilité Hivernale – Mercredi 23 mars 2016 / 14h-16h

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fév 24, 2016

Novatherm « la route dégivrante et solaire »

En période hivernale, des quantités très importantes de «fondants routiers », principalement du chlorure de sodium, sont répandues sur les routes pour les maintenir en état de circulation. Les problèmes provoqués par ces produits – pollution par salinisation, dégradation des chaussées, corrosion des véhicules, etc. – ont amené l’entreprise Vermot (Eurovia) à rechercher une alternative.

Visionnez la vidéo !

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 Source : Vidéo YouTube

fév 12, 2016

Le rapport 2016 de la Cour des comptes ou l’urgence de moderniser les services publics

« Moderniser les services publics appelle des choix déterminés et une mise en œuvre méthodique. » C’est le « fil rouge » du rapport public annuel 2016 de la Cour des comptes, de l’aveu même de son premier président Didier Migaud, qui signe un plaidoyer pour la poursuite des réformes de l’action publique « sans précipitation mais sans immobilisme ».

De l’archéologie préventive à la politique de la ville, des transports publics franciliens au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) en passant par les éco-organismes, les certificats d’économie d’énergie, le contrôle des collectivités par l’Etat, la gestion extinctive de Dexia ou la communauté d’agglomération de Carcassonne, les magistrats financiers ont en effet balayé un large spectre de politiques publiques qui concernent directement ou indirectement les collectivités territoriales.

Une « incertitude significative » sur l’équilibre budgétaire des collectivités locales

L’équilibre budgétaire de ces dernières fait d’ailleurs l’objet d’une « incertitude significative » accentuée par la baisse de la DGF, de 2014 à 2017. Pour 2015, le gouvernement table sur le ralentissement de leurs dépenses de fonctionnement (+1,1 % en 2015 après +2 % en 2014), grâce à une baisse de leurs consommations courantes (-1 %), facilitée notamment par la faible inflation, et à un freinage de leur masse salariale (+2,4 % après +3,9 % en 2014).

En outre, leurs dépenses d’investissement ont à nouveau diminué très nettement (-7,9 % en 2015 après -8,6 % en 2014).

De son côté, Christian Eckert, le secrétaire d’Etat au Budget, s’est montré résolument optimiste, la semaine dernière, au sujet de la santé financière des collectivités.

Pour 2016, le gouvernement prévoit une croissance modérée des dépenses publiques locales (+1,2 %) après la baisse de 0,6 % attendue en 2015, grâce au ralentissement de la progression de la masse salariale et à une stabilité des autres dépenses de fonctionnement.
Parallèlement, l’investissement devrait reprendre doucement.

« Même si ces évolutions sont plausibles, on ne peut pas exclure que, face à la baisse des dotations et malgré la hausse des taux des impôts locaux et la revalorisation de 1 % des bases, certaines collectivités fassent le choix d’un recours accru à l’endettement pour en amortir l’impact sur leurs dépenses d’investissement, souligne cependant la Cour des comptes. Le besoin de financement de l’ensemble des collectivités locales pourrait ainsi se révéler plus important que le montant inscrit dans le projet de loi de finances pour 2016″.

Au total, ces projections conduiraient à l’hypothèse d’un solde des collectivités locales proche de l’équilibre en 2015 comme en 2016, concluent les magistrats.

Des investissements qui restent mal calibrés

Face aux multiples dysfonctionnements constatés dans des domaines très variés de l’action publique, les magistrats financiers préconisent d’anticiper davantage les besoins, d’identifier plus sérieusement les investissements réellement pertinents et de conduire la modernisation des services publics locaux ou nationaux en s’armant d’une méthode rigoureuse, d’un accompagnement au changement et d’un calendrier approprié.

Ces bonnes résolutions sont « à la portée des décideurs publics », assure Didier Migaud qui les invite à « faire preuve de détermination, accorder davantage d’attention aux résultats de leurs décisions et viser une plus grande efficience et une plus grande clarté de l’action publique. »

Comme l’an dernier, Didier Migaud insiste à nouveau sur le fait qu’une « dépense d’investissement n’est pas vertueuse par principe » et met en avant deux exemples, à mettre au débit des collectivités locales, qui viennent illustrer certaines dérives de manière particulièrement parlante :

– la piste de ski intérieure d’Amnéville (Moselle, investissement initial de 20 millions d’euros), qui souffre d’une sous-utilisation et d’une situation financière très dégradée et en partie masquée et dont la Cour recommande la fermeture « dans les plus brefs délais » ;

– le parc Terra Botanica (Maine-et-Loire, investissement initial de 115 millions d’euros) dont « l’avenir est incertain » à cause d’un investissement mal calibré, d’une attractivité insuffisante et d’une exploitation opaque.

Le CNFPT dans le viseur

Si les magistrats financiers saluent des progrès dans la mise en œuvre du dispositif des certificats d’économies d’énergie, ils réitèrent leurs alertes relatives à la politique de la ville, à la gestion extinctive de Dexia et à la gestion des transports ferroviaires en Ile-de-France.
Enfin, la politique d’archéologie préventive et le CNFPT sont identifiés clairement comme des mauvais élèves.

En ce qui concerne le centre de formation, sa gestion est jugée « insuffisamment économe ». « Le CNFPT fonctionne comme un établissement public sans tutelle […] et échappe jusqu’à présent largement à l’effort demandé aux autres administrations publiques », indique ainsi Didier Migaud, qui espère que la diminution de ses ressources prévue par la loi de finances pour 2016 constituera « une incitation forte à améliorer son efficience, eu égard aux marges de manœuvre dont il dispose. »

Au total, sur les près de 1 800 recommandations formulées par la Cour des comptes de 2012 à 2014, environ 70 % avaient été mises en oeuvre partiellement ou totalement fin 2015. Dans le détail :

Un redressement « lent et limité » pour les comptes publics

Une fois n’est pas coutume, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, s’est félicité de l’amélioration des finances publiques en 2015. Les objectifs de résorption des déficits publics fixés par le gouvernement devraient être tenus, et même meilleurs que prévus (déficit de 3,8 % du PIB contre 3,9 % en 2014).

Pour autant, cette embellie est restée « lente et limitée ». En particulier la réduction du déficit structurel (corrigé de la conjoncture) est inférieure à celle des années précédentes. Un constat qui ne lève pas toutes les « inquiétudes » des magistrats financiers pour l’atteinte des objectifs de redressement des comptes publics en 2016. Au final, Didier Migaud souligne que la situation actuelle « n’autorise aucun relâchement des efforts de réduction des déficits et de maîtrise du poids de la dette ».

Article publié le 10/02/2016 sur le site de Décideurs en Région

fév 11, 2016

17 milliards, c’est le coût des accidents de la route sur une année

17 milliards 100 millions par an : c’est le coût global – astronomique – des accidents sur la voie publique, selon une étude de la DASS réalisée en 2014. Des coûts médicaux très lourds, qui pèsent sur la collectivité…

© NC 1ère Image d'archives

© NC 1ÈRE IMAGE D’ARCHIVES

Le corps médical tire la sonnette d’alarme et s’interroge sur l’inaction des responsables du secteur au cours des 25 années passées.

Sur les 17 milliards et 100 millions que coûtent les accidents chaque année à la collectivité, 2,6 milliards reviennent à l’hospitalisation, la réanimation, l’orthopédie, et la réadaptation; 13 milliards sont imputables aux blessés graves et personnes décédées; 1,2 milliard concerne les intangibles avec séquelles; et 0,3 milliard est consacré aux dégâts matériels.

Cette accidentologie est chronique et exponentielle. Pour les médecins du CHT, derrière les chiffres, c’est une réalité, un travail quotidien avec des milliers de blessés. Au premier rang des facteurs de risques, bien sûr: l’alcool.

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Article publié par A.Rosada, R.Tamanogi (avec IP) le 07/02/2016 sur le site de NC 1ère

fév 8, 2016

Open Law : un modèle exemplaire de partenariat Public-Privé-Communs

L’introduction des « Communs informationnels » en tant que nouvelle catégorie juridique dans la loi française n’a pas été retenue par les députés la semaine dernière, à l’occasion de l’examen de la loi Lemaire. Néanmoins cette loi aura tout de même un effet puissant de promotion des Communs, notamment grâce à ses dispositions instaurant un principe d’Open Data « par défaut ». Aussi bien au niveau national que local, un nombre important de nouveaux jeux de données devraient être libérés en ligne dans les mois qui suivront l’entrée en vigueur du texte. En soi, l’ouverture des informations publiques constitue pour les personnes publiques un manière de « contribuer aux Communs », dans la mesure où cette démarche élargit les droits d’usage sur les données mises en partage.

Cependant, l’existence de jeux de données réutilisables n’est pas en elle-même suffisante pour constituer des Communs, au sens propre du terme. Il n’en sera ainsi que si des communautés réelles apparaissent et se structurent autour des données ouvertes pour les réutiliser effectivement, assurer leur enrichissement et participer à leur gouvernance. Jusqu’à présent, si le mouvement d’ouverture des données publiques a bien progressé en France, on peut dire que ce sont à propos de ces derniers points que la dynamique d’Open Data pêche encore assez largement.

« Open Law – Le droit ouvert » constitue une initiative qui montre une voie pour associer acteurs publics, entreprises privées et  société civile autour de données ouvertes dans le but explicite de produire de nouveaux communs. Elle constitue un modèle de ce que l’on pourrait appeler un « Partenariat Public-Privé-Communs », dont la vidéo ci-dessous vous présente les grandes lignes :

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Le secteur de l’information juridique en voie de recomposition

Le champ d’intervention du projet Open Law est celui de l’information juridique. Ce domaine a connu de profonds bouleversements ces dernières années avec l’ouverture en Open Data des grandes bases de données de législation et de jurisprudence. Jusqu’alors ces éléments clés n’étaient réutilisables qu’à la condition de s’acquitter d’une redevance versée à la DILA (Direction de l’Information Légale et Administrative), administration centrale rattachée aux services du Premier Ministre. Cette situation faisait que ces données étaient en pratique réservées à un groupe d’éditeurs juridiques (Lexis Nexis, Dalloz, Lextenso, etc.), qui s’en servaient pour proposer des bases de données sous forme de produits commerciaux.

Avec le passage en Open Data des mêmes jeux de données, les différents acteurs de ce champ doivent se repositionner. Le « coût d’entrée » sur ce secteur de l’information juridique a été fortement abaissé, ce qui permettra à davantage de petits acteurs innovants de l’investir. L’acteur public conserve une position centrale en matière de production des jeux de données essentiels de l’information juridique, mais la possibilité pour des entreprises, des associations ou de simples citoyens de contribuer est dorénavant largement plus ouverte.

Open Law, une démarche de coopération pour la création des « Communs du droit »

Dans ce nouveau contexte, l’initiative Open Law a été lancée sous la forme d’une association pour fédérer ces partenaires publics et privés autour d’une dynamique de coopération. L’originalité principale de la démarche consiste à favoriser la production de « Communs du droit », visant à faciliter la réutilisation des informations juridiques et à exprimer leur plein potentiel :

Rendus possibles par l’ouverture des données juridiques, les communs sont construits, enrichis, gouvernés et maintenus au bénéfice de tous par des communautés d’acteurs.

Ils nourrissent l’innovation et servent de socles au développement de services innovants, par les entreprises et par la société civile.

Open Law Europa a permis l’émergence et la conception de 5 nouveaux communs pour le droit ouvert, dont la construction se poursuivra au fil des prochains mois.

Ces 5 Communs du droit sont les suivants :

  1. HUB : un catalogue des ressources juridiques librement accessibles en France et à l’étranger, placé en Open Access et construits de manière collaborative ;
  2. PARIS : une norme permettant l’identification des sources du droit à l’échelle européenne par le biais d’un standard unique, ouvert et pérenne d’URI ;
  3. CORE : une ontologie visant à permettre le traitement automatisé des données juridiques et leur inscription dans le web de données ;
  4. CROWD : des interfaces web pour l’annotation collaborative des textes juridiques, au moyen de mots-clés et de vocabulaires contrôlés ;
  5. SOCLE : une suite logicielle Open Source pour le droit ouvert.

Comme on le voit, ces Communs constituent en réalité des standards, des normes, des inventaires, des logiciels qui forment les « briques de base » indispensables à la construction d’un « Réseau de données liées ouvertes et exploitables par tous », que ce soit dans un but commercial ou non.

Financer le développement d’une infrastructure commune

Il est clair que l’utilité de cette couche d’enrichissement construite au-dessus des jeux de données en Open Data ne peut être optimale que si elle est elle-même ouverte. Même les acteurs commerciaux ont intérêt par exemple à ce qu’un standard émerge pour pouvoir désigner les ressources juridiques par le biais d’identifiants contrôlés ou à ce qu’une ontologie du droit soit mise en place pour pouvoir investir le web de données.

Mais pour que ces ressources communes existent, il est nécessaire de consentir des investissements financiers, techniques et humains, qui peuvent s’avérer conséquents. L’acteur public n’en a pas forcément les moyens, en plus de la production des données de base qui lui incombe. Les acteurs privés n’ont de leur côté pas naturellement intérêt à le faire, s’ils restent dans leur logique traditionnelle de compétition, car cela reviendrait à produire des ressources utilisables par leurs concurrents. Du coup, il fallait monter une infrastructure permettant à chacun de ces acteurs de dépasser leur approche traditionnelle pour leur faire voir l’intérêt de mutualiser les moyens en vue de la production de ces « briques essentielles » pour tout l’écosystème.

L’association Open Law joue ce rôle. Elle sert d’abord de cadre de rencontre et de discussion entre acteurs publics et privés pour identifier les Communs à faire émerger dans le domaine de l’information juridique. Elle sert ensuite de « pot commun » rassemblant des financements publics et privés pour lancer des appels à contributions visant à la construction de ces Communs. Un peu à la manière de ce qu’est le W3C à l’échelle du web, Open Law joue aussi le rôle d’instance de gouvernance pour cette nouvelle infrastructure.

Ces Communs une fois mis en place, développés et maintenus par Open Law, chacun est libre de les réutiliser pour développer des projets concrets de services construits sur les données juridiques ouvertes. Open Law en signale déjà un certain nombre sur son site comme RIPSA (un répertoire permettant de connaître simplement les procédures administratives pour lesquelles le silence de l’administration vaut accord) ou DroitDirect.fr (une plateforme pour faciliter l’accès des personnes au droit, notamment celles en position précaire comme les étrangers et demandeurs d’asile).

On notera également qu’Open Law innove dans la manière dont le projet souhaite favoriser et récompenser les contributions apportées par les individus à ces Communs identifiés comme essentiels pour l’écosystème du droit ouvert. En effet, Open Law a mis en place un statut de « contributeur rémunéré aux communs ». Les sommes mutualisées par les partenaires servent en partie à verser une rémunération aux contributeurs individuels donnant de leur temps et de leurs compétences pour réaliser les objectifs déterminés par la structure. Open Law implémente ainsi l’idée d’une « réciprocité pour les Communs » ou d’un revenu contributif, sans avoir pour cela à inventer de nouvelles licences.

Pour une généralisation des partenariats Public-Privé-Communs

En 2014, l’italien Tommaso Fattori avait proposé le concept de « Partenariats Public-Communs » (Public-Commons Partnerships) comme une alternative aux partenariats Public-privé classiques, trop souvent à l’origine de formes de privatisation ou d’accaparement de ressources communes. L’initiative Open Law constitue à mon sens à la fois une réalisation et un enrichissement de cette idée, en montrant comment des Partenariats Public-Privé-Communs peuvent être mis en place autour des données ouvertes.

Comme je le disais au début de ce billet, avec la loi numérique de nombreux jeux de données publiques devraient être ouverts dans les mois qui suivront l’entrée en vigueur du texte. On peut dès lors se demander si ce qu’a réalisé Open Law dans le secteur de l’information juridique ne pourrait pas être répliqué dans d’autres domaines. Il existe en effet de nombreux champs où l’on retrouve des écosystèmes similaires, avec un rôle central joué par l’acteur public en matière de production de jeux de données essentiels, un tissu d’entreprises réutilisant ces données pour offrir des produits et une communauté d’utilisateurs capables de contribuer à leur enrichissement. Le secteur de la santé par exemple, celui de l’énergie ou des transports, mais aussi ceux de l’éducation, de l’enseignement supérieur ou de la culture présentent des caractéristiques assez similaires.

Or dans ces domaines, le besoin existe aussi de créer des répertoires des ressources libres, de produire des référentiels et des ontologies partagées, d’élaborer des standards et des normes d’identification ou de produire des solutions logicielles en Open Source. De nombreux « communs informationnelles » essentiels font encore défaut pour que l’Open Data donne la pleine mesure de son potentiel. Cette voie des partenariats Public-Privé-Communs ouverte par Open Law mérite donc sans doute d’être généralisée et approfondie.

Source : Article de La Gazette des Communes publié le 27 janvier 2016

Article initialement publié sur le blog de Calimaq selon les termes de la licence Creative Commons Zéro (CC0).

fév 1, 2016

L’Observatoire national de la route veut cartographier l’état du réseau

Les routes françaises se dégradent et les budgets d’entretien sont durablement contraints. Pour faire face à ce constat, les acteurs routiers ont créé, le 26 janvier, l’Observatoire national de la route. Sa mission principale : objectiver l’état du réseau routier hexagonal et partager les bonnes pratiques pour poser les bases d’une optimisation des politiques d’entretien.

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Réunis au ministère de l’Ecologie, les acteurs routiers* ont signé le 26 janvier une charte d’engagement actant la création de l’Observatoire national de la route (ONR). Ce nouvel outil, dont les travaux seront animés par l’Idrrim, aura pour double ambition d’identifier les politiques techniques les mieux à même de générer une gestion économe du réseau routier, et d’objectiver l’état de dégradation de celui-ci.

Aujourd’hui, de l’industrie routière au secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies en passant par les collectivités locales, tout le monde s’accorde pour affirmer que le réseau routier hexagonal se dégrade. Or, jusqu’à présent, cette appréciation est uniquement issue des observations de terrain jamais consolidées.

Pourtant, les données quantitatives existent, mais certaines n’ont jusqu’ici pas été divulguées – les fameux Indices de qualité des routes nationales ou des ouvrages d’art (IQRN et IQOA) -, d’autres ne sont pas consolidées au niveau national – les données des réseaux départementaux notamment. Si bien qu’il est aujourd’hui impossible d’avoir une photographie précise de l’état de notre million de kilomètres de routes.

Quantifier l’état global des réseaux routiers

La première mission de l’observatoire sera donc de collecter les données –rendues publiques (voir focus)- des différents gestionnaires afin d’évaluer l’état global des réseaux routiers français et son évolution. Il devra également, selon la charte qui acte de sa création, « établir de manière prédictive la corrélation entre des indicateurs globaux et pertinents d’état du patrimoine et les dépenses globales à consacrer chaque année à l’entretien et l’exploitation de la voirie (et des ouvrages d’art) ». Autrement dit, l’observatoire devra permettre, alors que les budgets des gestionnaires de réseaux routiers sont durablement contraints, de trouver les moyens d’optimiser l’entretien pour préserver un réseau qui assure 88% des déplacements de personnes et des transports de marchandises, et constitue un facteur déterminant de la compétitivité du pays.

Le retour du bon sens

Une vaste tâche, mais qui semble fédérer et motiver l’ensemble de la communauté routière. « Je vois dans la création de l’observatoire le signe d’une prise de conscience collective de l’utilité de la route, un retour du bon sens », s’est félicité Jacques Tavernier, président de l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf), lors de la signature de la charte. Les agglomérations voient pour leur part dans l’observatoire un appui technique qui leur permettrait de faire sortir des projets à l’arrêt faute de capacité d’ingénierie. Sébastien Martin, vice-président de l’AdCF a ainsi émis le souhait que des expérimentations soient lancées entre les agglomérations et les départements, «dont certains sont en avance sur le sujet ». Départements qui ont pour leur part salué la création d’un outil dont l’intérêt a été démontré par une étude réalisée par l’Usirf sur 9 d’entre eux. « Cette étude a montré que le suivi d’indicateurs précis de gestion de routes permettait in fine de dépenser mieux, et plus intelligemment », a expliqué le vice-président de l’ADF Jean-Yves Gouttebel. Enfin l’Etat, par la voix de Claude Morel, chef de cabinet du secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies, a souligné que cet observatoire « était une initiative unique en Europe », et qu’il serait une « vitrine de l’ingénierie française, publique et privée, en termes de gestion technique et financière du réseau routier ».
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Article publié le mardi 26 janvier 2016 par Olivier Baumann sur le site LE MONITEUR.FR